Le blog de Stéphane Menegaldo

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03 avril 2008

Le parc de Procé

70e9b7fa4b3799ff8f66955efa181a62.jpgHier matin, profitant d'un rayon de soleil exceptionnel (il fait gris presque sans discontinuer depuis que je suis arrivé, il y a trois semaines), je suis allé marcher au parc de Procé. C'est l'un des plus grands parcs de Nantes. Il a été conçu en 1866, alors que les terres alentour n'étaient que de la campagne. Alors que ses administrés contestaient l'opportunité d'acheter une si grande superficie de terre si loin de la ville, le maire, Paul Bellamy, leur répondit : "Il arrivera une époque où ce parc se trouvera en pleine ville, et les Nantais d'alors vous seront reconnaissants de leur avoir aménagé le plaisir d'y passer d'agréable moments". Et en effet, Procé est non seulement maintenant en partie ceinturé par les grands boulevards, mais encore la ville s'étend-elle bien au-delà, jusqu'au périphérique, puis est encore prolongée par les communes avoisinantes...

ffdd21f365a019405363b056e0a45dbd.jpgProcé est un parc à l'anglaise, un style qui compte parmi mes favoris avec le jardin japonais. Pour un profane comme moi, cela se traduit par différentes caractéristiques : tout d'abord, contrairement à des jardins à la française, il est très difficile d'avoir une vue d'ensemble du parc. C'est-à-dire que où que l'on se place, il y a toujours une zone qui sera cachée à la vue, soit par un massif, soit par une construction, ou encore par une dénivellation de terrain. Ensuite, la place donnée à l'eau : elle n'est pas confinée à des bassins ronds ou carrés et à des fontaines à la gloire de Poséidon ou d'Amphitrite. Au contraire, elle prend la forme de ruisseaux ou de lacs, de chutes, de sources... Enfin, il existe souvent dans les jardins anglais un mélange subtil entre une nature parfaitement domestiquée et une autre, sauvage. L'environnement du parc était très favorable à ce mélange, puisqu'il se prolonge, au-delà des boulevards, par la vallée de la Chézine. En passant sous les arches du pont enjambant cette petite rivière, on arrive dans une étroite vallée, nichée au coeur de la ville, qui se prolongue très loin en desservant de nombreux quartier. Ainsi, on passe en quelques instants, comme par magie, d'un jardin parfaitement maîtrisé par l'homme à une nature beaucoup plus libre.

 

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